2) Les 30 glorieuses
Par Jef Blanc-Gras,
décembre 2006 - Evolution des relations sociales
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Nous considérerons comme une parenthèse la période du régime de Vichy, même s’il ne faut pas minimiser le rôle des syndicats dans la résistance et les rapports qui purent s’établir entre des individus de classes et d’opinions différentes. Ces rapports laissèrent, sans aucun doute des traces dans les relations sociales.
Du point de vue social, le gouvernement de Vichy, procéda à la dissolution des syndicats existants pour instituer un syndicat unique et obligatoire, regroupant salariés et employeurs par familles professionnelles.
La structuration des relations sociales et les institutions mises en place par la Charte du travail ne sont pas sans rappeler la doctrine sociale de l’église contenue dans l’encyclique Rerum Novarum. L’objectif est de garantir la paix sociale par la collaboration de classe, en ce sens, la grève est interdite. Pour Philippe Pétain : « Il n’y aura pas de paix sociale tant que durera l’injustice de la condition prolétarienne ». Dans un autre contexte, il aurait été possible de voir dans la charte du travail quelques avancées sociales, notamment avec la mise en place de comités sociaux d’établissements (ancêtres des CE) et de structures qui devinrent plus tard les CHSCT. Néanmoins, c’est très marginalement que les responsables des anciens syndicats s’investirent dans le nouveau. Même dans les rangs de la CFTC, on refuse de se soumettre aux consignes du Vatican. Au contraire, par le manifeste des 12 (9 CGT et 3 CFTC), le syndicalisme décida de continuer son action, uni dans la clandestinité.
Extrait du manifeste des 12.
Le syndicalisme français doit s'inspirer de six principes essentiels :
A. Il doit être anticapitaliste et, d'une manière générale, opposé à toutes les formes de l'oppression des travailleurs.
B. Il doit accepter la subordination de l'intérêt particulier à l'intérêt général.
C. Il doit prendre dans l'État toute sa place et seulement sa place.
D. Il doit affirmer le respect de la personne humaine, en dehors de toute considération de race, de religion ou d'opinion.
E. Il doit être libre, tant dans l'exercice de son activité collective que dans l'exercice de la liberté individuelle de chacun de ses membres.
F. Il doit rechercher la collaboration internationale des travailleurs et des peuples.
Nous traiterons ce chapitre concernant l’après guerre en quatre parties. Dans un premier temps nous aborderons le keynésianisme et l’évolution du rôle de l’Etat par rapport aux garanties collectives (2.1). Nous verrons ensuite comment l’acteur collectif se trouve confronté à des tensions internes qui provoquent sa balkanisation (2.2). Dans un troisième nous nous attarderons sur l’évolution du syndicalisme chrétien (2.3) et nous terminerons en analysant le comportement et les interactions entre les trois acteurs (2.4)
Suite : 2.1) Du keynésianisme au capitalisme d’Etat garant des garanties collectives

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