Pour les syndicats, la période que nous avons décrite aura été le théâtre d’affrontements, non seulement avec le patronat, ce qui est somme toute naturel, mais aussi et surtout entre les organisations. Tout cela a laissé des traces, plus ou moins indélébiles, qui rendent, aujourd’hui encore, quasiment impossibles des rapports de confiance.

Comme le dit avec humour Jean-Marie Pernot : « Vu d’avion, le syndicalisme français évoque irrésistiblement deux images de géodynamique terrestre : l’archipel et la dérive des continents. L’archipel par la myriades d’îles et d’îlots dont il se compose ; la dérive parce qu’on a à faire à des îles flottantes, tout cela bouge, se rapproche et s’éloigne continuellement. Une troisième image ajoute à la représentation : la tectonique des plaques. Sous les agencements de surface, des mouvements travaillent en profondeur, remodèlent les parties visibles, créent des failles, des tremblements de terre et l’apparition de nouvelles îles. »

Suite : 1.3.1) La CGT