S’il y a peu de choses à dire sur la CFTC et la CFE-CGC qui restent globalement stables sur leurs créneaux respectifs, en revanche c’est du côté des syndicats autonomes qu’il faut tourner notre regard.

Le syndicalisme en France a montré son extraordinaire propension à la scission. Le soutien de la CFDT à la réforme des PTT aura conduit à la création du premier syndicat SUD, suivi d’une kyrielle d’autres, échelonnés dans le temps, dans le secteur public ou les milieux « protégés ». Ces syndicats se regroupent aujourd’hui dans l’Union Syndicale Solidaire. Ils portent un discours radical très contestataire, débordant sur la gauche la CGT et la freinant de fait dans son évolution.

L’éclatement de la FEN donnera deux nouvelles organisations :

  • L’UNSA qui regroupe plusieurs syndicats autonomes, dans différents secteurs publics ou privés. Cette organisation reste surtout implantée chez les fonctionnaires et se déclare clairement réformiste.
  • La FSU, qui de son côté a décidé à son dernier congrès d’élargir son champ au secteur privé. Ses affinités avec le Parti Communiste pourraient lui permettre de drainer des militants CGT peu enclins à prendre le virage réformiste.

Aujourd’hui ce ne sont donc plus 5 organisations mais bien 8 qui occupent l’espace syndical. Le principe selon lequel, seules, les 5 organisations traditionnelles bénéficieraient d’une présomption irréfragable de représentativité ne pourra pas tenir longtemps, compte tenu des faibles scores de la CFTC et de la CGC et de l’émergence des nouveaux venus.

Il y a dans les faits suffisamment de divergences entre ces organisations pour que des fusions soient inenvisageables. Il y a en revanche suffisamment de points communs entre les unes et les autres pour que puissent s’établir des convergences conjoncturelles ou des actions unitaires ponctuelles. Mais si l’unité pour s’opposer reste en France toujours possible, en revanche, les divergences de fond, la méfiance et les positionnements tactiques, souvent hérités de l’histoire demeurent un frein à l’établissement de rapports de force offensifs. Les différences d’approche sur le rapport au contractuel et sur le rôle de l’Etat réduisent la capacité de porter des projets à long terme.

Suite : 1.4) Les règles du jeu du dialogue social se transforment