3.1.3) Le recours à la grève comme solution ultime
Par Jef Blanc-Gras,
décembre 2006 - Evolution des relations sociales
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Comparaison des taux de grève dans plusieurs pays de l’OCDE. La mesure est le nombre de jours de travail perdus pour 1000 employés, en moyenne annuelle sur 1993-2002.

En Allemagne, la grève est rarement politique, syndicats et patronat jouent à fond la carte du dialogue, et quand cela ne suffit plus, c'est un médiateur qui intervient pour tenter de rapprocher les points de vue.
Dans une interview accordée à la BBC, Wolfgang Uellenberg, ancien responsable du DGB, explique que la grève coûte cher au syndicat car « … nous payons un salaire d’indemnisation en cas de grève » Cette indemnisation, explique t-il, peut aller jusqu’à 70% du salaire net par jour de grève (en fonction de l’ancienneté dans le syndicat et des charges de famille). Wolfgang Uellenberg explique en outre que la grève représente toujours un risque et que cela n’est pas dans la culture. Dès lors, le syndicat cible ses actions et utilise plutôt sa « puissance de frappe » comme une arme de dissuasion.
Il est évident qu’avec 9 millions d’adhérents, les syndicats ont une légitimité et un poids évident dans les négociations. Mais une grève ne se déclenche pas spontanément. La décision d’arrêter le travail est soumise à des règles. Ainsi, il sera nécessaire d’obtenir, par un vote, l’assentiment de 75% des syndiqués pour démarrer un conflit alors qu’il suffira d’un quorum de 25% pour y mettre un terme.
Contrairement à la France, le système est organisé sur la relation entre les partenaires sociaux, au niveau sectoriel/régional de sorte qu’une centrale comme le puissant DGB a peu de moyen pour mobiliser contre des décisions politiques du gouvernement. C’est ainsi qu’une réforme comme celle des retraites ne déclenche pas, outre Rhin, de mouvement social notable.

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