3.1.6) La singularité d’EDF en France
Par Jef Blanc-Gras,
décembre 2006 - Evolution des relations sociales
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L’entreprise nationale naît en 1946 et son statut doit beaucoup à l’influence d’un ministre communiste, Marcel Paul, syndicaliste électricien CGT, en charge de la production industrielle. EDF se doit d’être une vitrine sociale.
La CGT qui prône un syndicalisme de rupture aura néanmoins à EDF une stratégie souvent assimilée à une forme de cogestion. Il serait en fait plus judicieux de parler d’une partition des rôles différente du schéma traditionnel.
L’État employeur fermera les yeux sur une certaine gestion des activités sociales dont les média se sont largement fait l’écho ces dernières années. Parallèlement, le syndicat aura une réelle influence sur les règles de gestion des salariés qui favorisera l’adhésion.
La paix sociale est à ce prix. Comment ne pas tenir compte d’une organisation qui pèse plus de 50% aux élections professionnelles, dans une entreprise ou le personnel s’exprime à plus de 90% ?
La CGT étendra son influence sur la stratégie de l’entreprise, soutenant le programme nucléaire contre les attaques des écologistes des années 70/80 et combattant toutes velléités de décentralisation.
Il est un fait que cette ébauche de cogestion, plus ou moins informelle, aura été globalement génératrice d’un climat social plutôt serein. Il n’est qu’à comparer les relations sociales à EDF à celles de la SNCF ou même des PTT. A tel point que le très charismatique leader de la CGT, Denis Cohen, aura su se montrer d’un pragmatisme étonnant à propos des évolutions du statut de l’entreprise et sur la négociation des régimes de retraites, s’inscrivant en cela dans la logique d’une confédération qui souhaite faire progresser l’organisation sur le terrain du réformisme.
L’avenir nous dira si les dirigeants de la CGT sauront, à EDF, convaincre leur base de prendre le virage qui s’amorce ou si, au contraire, la base les contraindra à plus de radicalisme, poussée par ailleurs par la menace de voir se développer un syndicalisme SUD comme à France-Télécom.
Pour l’heure rien n’est joué mais il est évident que la situation était plus simple dans le cadre d’un monopole, sous arbitrage de l’Etat, que dans une entreprise qui, aujourd’hui, subit la dérèglemention et va devoir affronter la concurrence en développant des stratégies d’alliance qui devront, nécessairement, dépasser l’hexagone.
Il est intéressant de constater que l’accord mondial sur la responsabilité sociale du groupe a été signé par 21 organisations, dont la CGT. Il comporte des références à l’intéressement, la participation, l’épargne salariale ou les fonds de pension qui mettent en évidence les différences d’approche de la CGT à EDF et à la SNCF.

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Ne pas parler svp du "très charismatique" denis cohen lorsque l'on sait le succès de son appel au oui au référendum sur les retraites. Un peu de sérieux quand on écrit l'histoire. René Gaudy, historien de la fédération CGT de l'énergiei, auteur de "Et la lumière fut nationalisée" , "les porteurs d'énergie", rédacteur du Maitron électriciens et gaziers....
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