Nous avons choisi pour terrain d’étude l’entreprise France-Télécom. Cette entreprise, comme nous l’expliquerons, a connu lors de ces 15 dernières années des évolutions structurelles très importantes.

Pour notre étude de terrain nous avons choisi de conduire des entretiens à partir de questionnaires différents selon la population ciblée et l’hypothèse que nous souhaitions vérifier (Annexe 1).

Pour notre première hypothèse, nous avons entendu des responsables des principales organisations syndicales, impliqués au niveau régional et parfois aussi au niveau national. Certains de ces responsables ont encore, ou ont pu avoir des responsabilités au niveau interprofessionnel. Les entretiens ont été relativement longs, en moyenne 1H30.

Nous avons délibérément fait le choix de ne pas interroger de responsables de SUD, non que leur point de vue soit dénué d’intérêt, bien au contraire, mais parce que leur positionnement, non équivoque, tel qu’il est exprimé dans leur charte identitaire, pour respectable qu’il soit, ne nous est pas apparu de nature à éclairer nos hypothèses.

Pour cette première population, le questionnaire comportait des questions ouvertes permettant une discussion très libre et facilitant l’échange. Il se voulait plutôt une trame et un fil conducteur, l’objectif étant de rechercher dans le vécu des militants et dans leur représentation, des éléments permettant de confirmer ou d’infirmer notre hypothèse. La plupart des entretiens ont été menés face à face. Un entretien a été fait par téléphone un autre par réponse écrite au questionnaire avec une discussion par téléphone en amont et des demandes de précisions en aval. Il faut noter que les questionnaires ont été communiqués préalablement, afin de pouvoir recueillir, avant d’aborder les questions, des réactions sur le sujet.

En dehors de ces entretiens officiels, nous avons eu l’occasion de nous entretenir, de manière plus informelle, avec des militants de différents syndicats sur le thème étudié. Nous avons également eu l’occasion d’assister à une réunion de responsables CFDT au cours de laquelle la question de la signature de l’accord GPEC était débattue. La problématique et les hypothèses ayant été présentées aux participants, nous avons pu situer les échanges dans ce cadre.

Pour notre 2ème hypothèse, nous avons entendu des responsables de France-Télécom. Nous avons fait le choix d’entendre à la fois des DRH en fonction et des DRH qui n’occupent plus cette fonction. De même la vision d’anciens directeurs d’unités (une Unité à France-Télécom représente environ 500 personnes) nous est apparue intéressante. Ainsi nous avons pu avoir un regard différent selon que les responsables étaient en prise directe avec les évènements où qu’ils étaient plutôt dans le bilan.

Nous avons entendu, outre l’ancien DRH du groupe, Bernard Bresson, le DRH de la DR Marseille, une DRH d’Unité, une ancienne DRH d’Unité, deux anciens directeurs d’unité dont l’un est un ancien DRH de DR.

Là aussi les entretiens se voulaient plutôt libres. Les questionnaires servaient de trame et l’objectif était de susciter des réactions et de provoquer le débat sur la problématique et l’hypothèse à vérifier.

Les questionnaires avaient été envoyés en amont et la synthèse individuelle a été renvoyée aux intéressés pour validation et corrections éventuelles. Les remontées sur la synthèse ont été marginales. L’ensemble des éléments de réponse a été compilé pour être plus facilement exploitable.

Pour la 3ème hypothèse, nous avons ciblé une population particulière. Du fait de notre proximité avec les salariés de France-Télécom, nous avons pu conduire une partie de l’étude terrain de manière informelle, auprès d’une population fonctionnaire, plutôt ancienne dans l’entreprise et employée dans des services de back office. Il nous fallait entendre des salariés contractuels, jeunes et travaillant en front office sur les métiers de la vente, cette population constituant la génération montante.

Nous avons choisi de travailler sur le service du 1014 , à Marseille. Là, nous avons entendu 9 salariés dont un DP CGT, un DS/DP FO et 2 chefs d’équipes.

Pour cette population les entretiens ont été directifs ou semi-directifs mais nous avons néanmoins ouvert des espaces pour une discussion plus libre, suscitant parfois des réactions par des questions qui n’apparaissent pas dans le questionnaire. Les questionnaires n’avaient pas été remis en amont mais nous avons renvoyé les synthèses aux intéressés pour des retours éventuels. Nous n’avons eu aucune remontée.

Pour les 3 hypothèses, nous avons conduit en tout 20 entretiens formels avec des questionnaires adaptés aux personnes interrogées. Bien que chaque catégorie d’entretiens était liée à une hypothèse, nous avons souhaité introduire des questions transverses afin de recueillir la représentation des uns et des autres sur l’ensemble de la problématique.

Les entretiens informels sont plutôt des discussions à bâton rompu avec des cadres et des collègues de travail, la problématique étant, bien sûr, sous jacente.

L’expérience de l’auteur, les situations vécues ayant trait au sujet, seront clairement mises en évidence dans des encadrés.

Suite : 2) L’entreprise France-Télécom