3.1) Présentation de la problématique et des hypothèses
Par Jef Blanc-Gras,
décembre 2006 - Evolution des relations sociales
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Les organisations syndicales, à l’origine, ont pour vocation de défendre les intérêts collectifs des salariés. Cela a permis, notamment dans la période après guerre, de construire des garanties collectives, articulées sur un principe fort de solidarité. Les règles étaient alors impersonnelles et égalitaristes.
Aujourd’hui les règles deviennent plus flexibles, plus individuelles aussi. Elles sont sensées permettre que chacun soit reconnu selon ses efforts, sa valeur, son investissement dans son travail, ses résultats et non, comme c’était le cas avec les règles égalitaristes, en fonction de son ancienneté. Séduisantes, a priori, ces nouvelles règles, parce quelles demeurent fortement empreintes de subjectivité, peuvent conduire à des traitements inéquitables.
Dans ce nouveau contexte, les syndicats peinent à retrouver leur place. Tout cela bouleverse les schémas traditionnels et la répartition des rôles. Traditionnellement, l’employeur gère l’organisation du travail, la définition et l’application des règles. Les syndicats contestent les règles, revendiquent des améliorations et mobilisent pour imposer des changements.
La question qui se pose est de savoir si les syndicats peuvent continuer à jouer leur rôle de garant de l’intérêt collectif sans modifier profondément leur positionnement et s’impliquer davantage dans la gestion ? Mais cela entraîne deux autres questions : les dirigeants sont-ils prêts à jouer le jeu ? Qu’est ce que les salariés attendent réellement des syndicats dans le cadre de règles individualisées ?

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