Conclusion de la sous hypothèse 2
Par Jef Blanc-Gras,
décembre 2006 - Evolution des relations sociales
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Notre hypothèse se trouve vérifiée, indépendamment des motifs qui peuvent être mis en avant pour justifier le maintien de la traditionnelle partition des rôles entre les acteurs sociaux.
L’ancien DRH du groupe est clair : « Les règles de gestion doivent demeurer de la responsabilité exclusive de la direction ».
Les syndicats sont plutôt attendus sur la concertation que sur la négociation. On parlera à ce sujet de consultation, de contre propositions crédibles. On leur attribue davantage un rôle de régulateurs que de gestionnaires. On a besoin d’eux pour qu’ils représentent le corps social, qu’ils indiquent la température. Le syndicat est donc un thermomètre social dont on regrette qu’il ne soit pas fiable : « difficile de trier ce qui est important et ce qui relève de positionnements tactiques ou de démagogie ».
On ne se réjouit pas d’un trop grand individualisme qui ne permet pas de saisir le sentiment collectif mais on privilégiera les rencontres informelles avec des militants locaux parce qu’on est moins dans le jeu de rôle. Le rôle de régulateur est néanmoins attendu. Si c’est au manager de proximité d’assurer l’équité, on attend des DP qu’ils fassent contrepoids et qu’ils tirent la sonnette d’alarme, le cas échéant, en cas de dérive.
Globalement, plus on descend dans l’organisation, moins la négociation est de mise. Si elle se conçoit au niveau national, pour la définition d’un cadre, elle ne s’envisage pas au-dessous du niveau régional. S’il est souhaité des marges de manœuvre, elles ne sont pas perçues comme un moyen au service d’une négociation décentralisée mais comme une souplesse dans la prise de décision. Les expériences de décentralisation ont été vécues très négativement par la plupart des responsables, du fait d’une culture égalitariste qui pèse autant sur les négociateurs patronaux (qui préfèrent s’abriter derrière des règles) que sur les négociateurs syndicaux qui veulent élargir à tous ce qui a pu être obtenu par quelques-uns uns, selon un principe de jurisprudence.
L’ancien DRH groupe indique qu’aucune transformation n’a été possible sans qu’au moins une organisation syndicale accepte le deal. Il semble, avec le refus de l’accord GPEC, signé par la seule CFTC que l’on soit arrivé au bout de cette logique. Compte tenu de l’état des relations sociales dans l’entreprise, telles qu’elles sont décrites par les acteurs eux-mêmes, l’avenir semble effectivement être à réinventer…
Suite : 3.4) Sous hypothèse 3 : l’attente ambiguë des salariés vis-à -vis du rôle du syndicat

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