En posant la question du profil type idéal d’un n+1, d’un n+2, d’un directeur, d’un DP et d’un DS (ou d’un syndicat), notre objectif était de mieux cerner les attentes vis-à-vis de chacun de ces acteurs et par la même le rôle que les salariés entendaient leur voir jouer. Le résultat de ce questionnement ne nous permet pas d’avoir une vision très claire et nous pouvons dire que l’objectif recherché n’est pas vraiment atteint. Les réponses permettent de saisir des attentes fortes, l’idéal souhaité étant le plus souvent la traduction des lacunes actuelles, mais ne permettent pas d’identifier une partition des rôles, au-delà de ce qui a été exprimé dans les réponses aux questions précédentes.

  • N+1 : le n+1 apparaît comme le pivot du système. On lui demande des qualités humaines, de l’ouverture d’esprit, d’être équitable. On le souhaite compétent, responsable animateur et on lui demande de faire monter en compétences et d’ouvrir des perspectives de carrière. Un salarié nous dit à ce sujet :

« Il doit être en capacité de transmettre son savoir pour que ses collaborateurs puissent prendre sa place ».

Un DP nous dit que le n+1 idéal doit :

« â€¦Etre capable de faire en sorte qu’on travaille pour lui faire plaisir »

Pour les n+1 eux-mêmes, le profil type idéal serait la proximité avec son équipe et la capacité à dégager des marges de manoeuvre

  • N+2 : La vision du n+2 est nettement plus floue pour les collaborateurs. On insiste plus sur le respect, sur la transparence dans les décisions et sur le fait qu’il doit connaître le travail de l’équipe au-delà des indicateurs. Il doit être un relais ascendant et pas seulement descendant.

Pour le DP, il est un intermédiaire qui doit savoir reconnaître le travail de l’équipe et des agents.

Les n+1 insistent sur la cohérence avec leur management et sur l’aspect soutien plutôt que contrôle.

  • Directeur : Le directeur apparaît lointain aux collaborateurs. On le souhaite coordonnateur qui trouve un équilibre entre les contraintes économique et les aspirations des salariés. Pour cela, on le souhaite proche, accessible et à l’écoute du terrain. Il doit être lui aussi un relais ascendant et pas seulement celui qui répercute les directives.

Les DP répercutent les mêmes attentes. Le directeur doit passer dans les services, dire bonjour, serrer la main, être naturel.

Les n+1 n’ont pas un avis différent : le directeur doit être présent et proche du terrain.

  • DP : Le DP idéal est impliqué, porte-parole fidèle, médiateur. Il doit être à l’écoute, discret, de confiance. Il doit rendre compte et ne pas défendre ses intérêts personnels.

Les DP ne se veulent pas différents de ce que l’on attend d’eux. Un DP rajoute qu’ils doivent être des experts du droit.

Les n+1 insistent sur le côté discret, modéré, « pas révolutionnaire ». On souhaite qu’il fasse la part des choses entre les problèmes individuels et les problèmes collectifs.

  • DS, syndicat : Les salariés ne font pas très bien la différence entre le DP et le DS, d’autant que certains militants ont les deux fonctions. Cela n’a rien d’étonnant chez une population jeune, avec peu de culture syndicale, d’autant que les IRP sont récentes à F-T. On attend du syndicat qu’il informe, qu’il soit ferme, réactif mais aussi pragmatique.

Les DP en attendent un soutien, une proximité avec le terrain une capacité à négocier des compromis et à faire respecter, au minimum, le droit du travail.

Un n+1 dit ne pas bien faire la distinction entre DP et DS tandis que l’autre (plus ancien), insiste sur le pragmatisme face à la stratégie de l’entreprise. Il attend des syndicats qu’ils défendent les salariés mais en s’impliquant plus dans le sens d’une cogestion. Néanmoins il exprime une réticence forte par rapport à l’image renvoyée par les organisations syndicales en terme d’éthique. Les syndicats sont jugés, en outre, trop caricaturaux, trop dans la lutte de classe et pas assez enclins au compromis.

Il apparaît clairement que les salariés sont essentiellement sur une vision micro. Les personnages clés sont le n+1 et le DP. Du premier on attend que tout se passe bien. Le second est plutôt là si ça va mal, dans l’ajustement, discret.

Les autres acteurs sont plus loin, parfois très loin. Dès le n+2, les attentes sont diffuses, peu spontanées. Du directeur on attend néanmoins plus de proximité. On aimerait qu’il voie le travail que l’on fait, les difficultés que l’on rencontre.

Du syndicat on attend un savant dosage de fermeté et de pragmatisme difficile à apprécier.

Suite : Conclusion de la sous hypothèse 3